Si les berges de Garonne m'étaient contées...

Publié le par Anne

Un balcon sur l'estuaire…

 
Souffle le vent du nord-est
Le vent qui m'est cher entre tous,
Car aux marins il est promesse
D'esprit ardent, d'heureux passage.
Mais pars maintenant et salue
La belle Garonne,
Et les jardins de Bordeaux
Là, où sur la berge abrupte
Va le sentier, et, dans le fleuve
Profond tombe le ruisseau, tandis
Que noblement s'inclinent
Chênes et peupliers d'argent
Hölderlin, Lormont
Recueil "cartes des coïncidences"
 
 
On ne sait aujourd'hui quel destin ramène les habitants des berges étroites des quais de Bordeaux.
Bordeaux, naguère, l'un des plus grands ports de France, capable de doubler son trafic pendant le Second Empire, pour atteindre 2 millions de tonnes vers 1900 puis 6 millions en 1954 et 10 millions en 1984, à grands renforts d'investissements, quais, dragues, grues, se met alors à rêver à 18 millions de tonnes en 1985. Elle perd alors d'un coup 20 % de son tonnage et en février 1984 le grand pétrolier "Berger Prince" long de 340 mètres quitte l'embouchure de la Gironde pour Bilbao.
Un clocher, des peupliers, longtemps écrasés par des installations rutilantes réapparaissent au soleil. Déjà, comme des baraques de foire, on démonte les réservoirs à pétrole. Les navires de grand tonnage ne reviendront plus.
 
Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte.
Le dernier de vous tous est parti en mer.
Où est ce matin de printemps !
Où lycéens que nous étions
Avant la dernière guerre
"séchant" les cours, nous étions là,
à Lormont autour du bassin à flot
pour le lancement de l'"Indochine"
Beau navire, beau à frémir et
Glissant, un peu solennel,
Mais sans oscillation,
Dans les remous fauves de la Garonne.
Bernard MANCIET
"Golfe de Gasconne"
 
 
Les structures des hangars du siècle dernier sont restées en place. Il n'y a ici, ni piscine, ni terrain de tennis mais des alignements d'entrepôts, d'usines jalonnées de petites maisons construites en pierre blonde venue de l'autre côté de l'eau, des carrières des environs de Bordeaux longeant la Garonne.
 
Des bateaux hors d'âge cependant viennent ici faire leur halte nautique, en guise de clin d'œil, abordant fièrement leur coque sur la digue de béton.
On aperçoit au cours des saisons, les yeux levés vers l'horizon, tout l'art de vivre entre Garonne et Bordeaux, du Belvédère vers l'Atlantique, le balcon de l'estuaire.
 
Soirs d'été, levée du jour, pluie fine, brouillard et corne de brume. Ici tout change et renaît au fil des jours.
 
Les berges de la ville se mirent dans le jeu de miroirs de maisons blanches que des artistes ont su dresser.
Anne K

Publié dans J'ai choisi

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N
Ho, lalalalala, ça donne dur !!!!!!!!!<br /> Mâdâme a des lettres.<br /> Bises,<br /> Hector
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